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Une question clinique, une réponse EBM sourcée en moins d'une minute

8 exemples de réponses iEBM à des questions fréquentes en médecine générale : réponse courte, points clés, drapeaux rouges, niveau de preuve et sources.

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La même question clinique, deux façons d'y répondre pendant la consultation.

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FormatUne liste de liens à ouvrir un par unUne réponse courte, des points clés et une conduite à tenir
SourcesHétérogènes, parfois grand public ou étrangèresRecommandations HAS, ANSM et sociétés savantes citées
Niveau de preuveRarement indiquéAffiché avec un niveau de confiance
Drapeaux rougesÀ rechercher soi-mêmeListés systématiquement
TempsPlusieurs minutes de lectureMoins d'une minute
Infectiologie

Antibiothérapie chez le sujet âgé

« Femme de 82 ans, brûlures mictionnelles et pollakiurie depuis 48 h, apyrétique. Quelle antibiothérapie ? »

Réponse courte

Après 75 ans (ou après 65 ans avec au moins 3 critères de fragilité), il s'agit d'une cystite à risque de complication : ECBU systématique, et antibiothérapie idéalement différée et adaptée à l'antibiogramme. Si le traitement ne peut pas attendre : nitrofurantoïne 7 jours ou fosfomycine-trométamol 3 g à J1, J3 et J5, puis adaptation au résultat de l'ECBU.

Points clés

  • Traitement adapté à l'antibiogramme, par ordre de préférence : amoxicilline, pivmécillinam, nitrofurantoïne, fosfomycine-trométamol (J1-J3-J5), triméthoprime.
  • Nitrofurantoïne contre-indiquée si DFG < 45 mL/min : vérifier la fonction rénale avant de prescrire.
  • Pas de fluoroquinolone en probabiliste pour une cystite : risque de sélection de résistances et d'effets indésirables graves chez le sujet âgé.
  • Bandelette urinaire peu contributive chez le sujet âgé (bactériurie asymptomatique fréquente) : ne pas traiter une bactériurie sans symptômes.

Drapeaux rouges

  • Fièvre, frissons ou douleur lombaire (pyélonéphrite)
  • Confusion ou altération brutale de l'état général
  • Rétention urinaire

Niveau de preuve : Recommandations de pratique clinique (accord professionnel et études observationnelles) · Confiance élevée

Néphrologie

AINS et insuffisance rénale

« Patient de 68 ans, DFG à 42 mL/min, sous IEC et diurétique thiazidique, lombalgie aiguë. Peut-on prescrire un AINS ? »

Réponse courte

À éviter. L'association IEC ou ARA2 + diurétique + AINS (« triple whammy ») expose à une insuffisance rénale aiguë, surtout en cas de maladie rénale chronique. Privilégier le paracétamol et les mesures non médicamenteuses. Si un AINS est indispensable : dose minimale, 5 jours maximum, bonne hydratation et contrôle de la créatinine et de la kaliémie sous 3 à 7 jours.

Points clés

  • AINS contre-indiqués en cas d'insuffisance rénale sévère (DFG < 30 mL/min).
  • Entre 30 et 60 mL/min : usage prudent, court, avec surveillance biologique.
  • Les AINS topiques exposent peu aux effets rénaux et sont une alternative pour les douleurs localisées.
  • Envisager de suspendre temporairement IEC/diurétique en cas de déshydratation (fièvre, diarrhée, vomissements).

Drapeaux rouges

  • Oligurie ou œdèmes d'apparition récente
  • Hyperkaliémie > 5,5 mmol/L
  • Hausse de la créatinine ≥ 30 % par rapport à la valeur de base

Niveau de preuve : Recommandations internationales (KDIGO) et données de cohortes observationnelles · Confiance élevée

Prévention

Dépistage du diabète de type 2

« Homme de 52 ans, IMC à 29, hypertendu, père diabétique. Faut-il dépister un diabète, et comment ? »

Réponse courte

Oui. Un dépistage ciblé par glycémie veineuse à jeun est recommandé après 45 ans en présence d'au moins un facteur de risque. Diabète si glycémie à jeun ≥ 1,26 g/L (7 mmol/L) à deux reprises. Entre 1,10 et 1,25 g/L : hyperglycémie modérée à jeun, avec des mesures hygiéno-diététiques et un contrôle annuel.

Points clés

  • Facteurs de risque : surpoids (IMC > 28), HTA, dyslipidémie, antécédent familial au 1er degré, diabète gestationnel ou macrosomie, origine géographique à risque.
  • Si la glycémie est normale : renouveler le dépistage tous les 3 ans.
  • En France, l'HbA1c n'est pas retenue par la HAS pour poser le diagnostic.
  • Profiter du dépistage pour évaluer le risque cardiovasculaire global.

Drapeaux rouges

  • Syndrome polyuro-polydipsique ou amaigrissement
  • Glycémie ≥ 2 g/L quelle que soit l'heure, avec symptômes
  • Cétonurie

Niveau de preuve : Recommandations HAS (accord professionnel, études épidémiologiques) · Confiance élevée

Cardiologie

Anticoagulation d'une fibrillation atriale

« Homme de 72 ans, hypertendu, fibrillation atriale non valvulaire découverte à l'ECG, DFG à 55 mL/min. Faut-il l'anticoaguler ? »

Réponse courte

Oui. Avec un score CHA2DS2-VA à 2 (âge 65-74 ans et HTA), une anticoagulation orale est recommandée. Les anticoagulants oraux directs (AOD) sont préférés aux AVK en l'absence de valve mécanique ou de rétrécissement mitral modéré à sévère, avec une dose adaptée à la fonction rénale, à l'âge et au poids.

Points clés

  • Score CHA2DS2-VA (ESC 2024) : le sexe féminin n'est plus compté. Anticoagulation recommandée dès 2, à envisager à 1.
  • L'aspirine n'a pas d'indication pour prévenir l'AVC dans la fibrillation atriale.
  • Contrôler la fonction rénale avant l'instauration puis au moins une fois par an (plus souvent si DFG altéré ou sujet âgé).
  • Évaluer et corriger les facteurs de risque hémorragique modifiables plutôt que de renoncer à l'anticoagulation.

Drapeaux rouges

  • Déficit neurologique, même transitoire
  • Fréquence cardiaque très rapide mal tolérée, syncope ou signes d'insuffisance cardiaque
  • Saignement actif ou anémie inexpliquée

Niveau de preuve : Recommandations ESC 2024 (essais randomisés et méta-analyses) · Confiance élevée

Gériatrie

Chutes répétées du sujet âgé

« Femme de 85 ans, deux chutes en six mois, sous zolpidem et amlodipine, vit seule. Que faire ? »

Réponse courte

Deux chutes ou plus en un an justifient une évaluation multifactorielle : recherche d'hypotension orthostatique, révision des médicaments (hypnotique à réévaluer en priorité), tests de marche et d'équilibre, vision, chaussage et domicile. Proposer un programme d'exercices d'équilibre et de renforcement, idéalement avec un kinésithérapeute.

Points clés

  • Test « Timed Up and Go » : un temps supérieur à 20 secondes signale un risque élevé de chute.
  • Psychotropes (hypnotiques, benzodiazépines, antidépresseurs) et antihypertenseurs sont les principaux médicaments en cause.
  • Rechercher une ostéoporose et les conséquences de la chute : peur de tomber, station au sol prolongée.
  • Sécuriser le domicile et envisager une téléassistance chez une personne vivant seule.

Drapeaux rouges

  • Traumatisme crânien sous anticoagulant
  • Perte de connaissance ou malaise précédant la chute
  • Station au sol prolongée ou incapacité à se relever

Niveau de preuve : Recommandations HAS et consensus international (essais randomisés sur l'exercice) · Confiance modérée à élevée

Pédiatrie

Fièvre du nourrisson de moins de 3 mois

« Nourrisson de 6 semaines, température rectale à 38,5 °C depuis ce matin, bon état général apparent. Quelle conduite ? »

Réponse courte

Adresser le jour même aux urgences pédiatriques. Toute fièvre ≥ 38 °C avant 3 mois justifie une évaluation hospitalière, car un bon état général n'exclut pas une infection bactérienne sévère. Avant 1 mois, un bilan complet est systématique. Ne pas débuter d'antibiotique en ville avant les prélèvements.

Points clés

  • La température rectale est la référence à cet âge.
  • Entre 1 et 3 mois, l'hôpital décide du bilan selon l'examen clinique et des marqueurs biologiques (procalcitonine, CRP, bandelette urinaire).
  • L'infection urinaire est la première cause d'infection bactérienne sévère à cet âge.
  • Expliquer aux parents les signes qui imposent d'appeler le 15.

Drapeaux rouges

  • Teint gris, marbrures, temps de recoloration allongé
  • Purpura
  • Hypotonie, somnolence, geignement ou troubles de la conscience
  • Détresse respiratoire

Niveau de preuve : Recommandations de sociétés savantes pédiatriques (études de cohortes et accord professionnel) · Confiance élevée

Grossesse

Antalgique pendant la grossesse

« Femme enceinte de 26 SA, lombalgie aiguë sans fièvre. Quel antalgique prescrire ? »

Réponse courte

Paracétamol en première intention, à la dose efficace la plus faible et sur la durée la plus courte. Les AINS sont contre-indiqués à partir du début du 6e mois (24 SA), y compris par voie cutanée, en raison du risque de toxicité rénale et cardiaque fœtale. Associer des mesures non médicamenteuses.

Points clés

  • AINS déconseillés dès 20 SA (risque d'atteinte rénale fœtale et d'oligoamnios) et contre-indiqués après 24 SA.
  • L'aspirine à dose antalgique suit les mêmes restrictions que les AINS.
  • Vérifier chaque molécule sur le site du CRAT avant prescription.
  • Kinésithérapie et activité physique adaptée sont utiles dans la lombalgie de la grossesse.

Drapeaux rouges

  • Fièvre associée à une douleur lombaire (pyélonéphrite)
  • Contractions utérines ou métrorragies
  • Céphalées avec hypertension (prééclampsie)

Niveau de preuve : Alertes de pharmacovigilance ANSM et données du CRAT · Confiance élevée

Urgences

Douleur thoracique au cabinet

« Homme de 58 ans, fumeur, douleur thoracique constrictive au repos depuis 30 minutes. Que faire en consultation ? »

Réponse courte

Suspicion de syndrome coronarien aigu : appeler immédiatement le 15 et garder le patient allongé au cabinet. Réaliser un ECG 12 dérivations si disponible, sans retarder l'appel. L'aspirine (150 à 300 mg per os) est administrée en l'absence de contre-indication, selon l'avis du médecin régulateur.

Points clés

  • Ne pas adresser le patient par ses propres moyens et ne pas prescrire de dosage de troponine en ville.
  • Transmettre l'ECG au SAMU : un sus-décalage du segment ST impose une reperfusion urgente.
  • Un ECG normal n'élimine pas un syndrome coronarien aigu.
  • Évoquer une dissection aortique avant tout antithrombotique : douleur déchirante irradiant dans le dos, asymétrie tensionnelle.

Drapeaux rouges

  • Sus-décalage du segment ST
  • Hypotension, syncope ou signes de choc
  • Douleur déchirante migratrice (dissection aortique)

Niveau de preuve : Recommandations ESC 2023 (essais randomisés et registres) · Confiance élevée

Exemples fournis à titre illustratif. Ils ne remplacent pas le jugement clinique ni la lecture des recommandations en vigueur.

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